Depuis la nuit des temps, l’Homme a travaillé pour gagner sa vie et chaque métier exercé représente une accumulation de savoirs et savoir-faire. On peut considérer chaque profession comme le résultat d’un perfectionnement continu transmise à la génération suivante qui continue à l’améliorer. Passer le flambeau n’est donc pas nouveau… Mais pourquoi alors aujourd’hui la transmission du savoir représente un enjeu stratégique et surtout pour les PME/TPE ?

Je vais exposer ici deux raisons qui permettent de comprendre la transmission du savoir dans le contexte actuel : l’écart des générations ainsi que l’écart technologique entre les dites générations.

LA COHABITATION DE 5 GÉNÉRATIONS
Les progrès médicaux et l’amélioration des conditions de vie font que les gens vivent plus longtemps. Les conditions économiques obligent encore les seniors à prolonger leur activité. Ces éléments combinés font qu’aujourd’hui 5 générations se côtoient dans l’entreprise :

La génération des seniors (nés entre 1925 et 1945) : Aussi appelée « la génération silencieuse », elle représente aujourd’hui une force de travail précieuse dans beaucoup de PME/TPE. Les seniors sont de manière générale loyaux et respectueux de l’autorité. Ils apprécient le leadership et sont prêts à faire des sacrifices personnels pour accomplir leur mission.

La génération des Baby Boomers (nés entre 1946 et 1964) : Ils ont une grande confiance en leur aptitude à améliorer les choses et à créer un monde meilleur. Ils se battent, gardent leur idéal et restent loyaux à leur entreprise. Ils respectent le leadership, sont de très bons membres d’une équipe et aiment être appréciés pour leur expérience et leur contribution.

La génération des X (nés entre 1965 et 1979) : C’est la génération de la tenue décontractée dans le monde des affaires. Les X sont sceptiques et réclament leur indépendance. Ils recherchent activement un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Ils ont confiance en eux mais ont horreur des règlements internes ou des politiques d’entreprises : ils ne croient pas aux instituions.

La génération des Y (nés entre 1980 et 1995) : C’est la génération des technophiles. Ils apprécient la diversité et ont une vision mondialiste. Ce sont des entrepreneurs qui communiquent beaucoup et sont demandeurs de feedbacks. Ils attendent beaucoup que leurs managers les aident à développer leur carrière professionnelle mais ne s’attachent pas pour autant à une entreprise : ils n’ont pas l’intention de faire carrière dans la même structure.

La génération des Z (nés après 1995) : Il s’agit de la nouvelle génération silencieuse. Ils sont nés avec le web 2.0, sont hyper-connectés, parfaitement à l’aise dans le monde virtuel et ne voient pas leur succès sans une reconnaissance sur le web. Ils gèrent deux vies : la vie en ligne et la vie hors ligne. Les entreprises ne sont pas adaptées pour les accueillir.

La réalité professionnelle des entreprises aujourd’hui est donc multi générationnelle.

LES REVERS DU PROGRÈS TECHNOLOGIQUE

Nous avons tous bénéficié des avantages des progrès technologiques tant au niveau personnel que professionnel. Dans le même temps, dans l’entreprise multi-générationnelle d’aujourd’hui, il s’est créé un gouffre technologique entre les générations qui partent à la retraite et les jeunes qui débutent sur le marché du travail. Cet écart technologique constitue une complication supplémentaire dans la transmission de savoir entre ses générations.

Et comme si toutes ces difficultés n’étaient pas suffisantes, à cela s’ajoute encore une économie mondialisée, de plus en plus fondée sur l’information, le savoir, le savoir-faire et la réactivité. La vitesse de circulation de l’information, son assimilation, son amélioration, le développement d’idées innovantes ou de concepts novateurs sont des éléments stratégiques d’une compétitivité internationale et locale.

Le dirigeant de PME/TPE se retrouve donc dans une situation où il doit maîtriser une productivité tout en gérant 5 générations dans un environnement où les échanges d’informations sont plus nombreux, plus complexes et plus rapides. Dans de telles conditions, faut-il être un surhomme pour diriger une PME/TPE ?