Faut-il s’alarmer de la multiplication des petits actes « délictueux » commis au bureau et qui enfreignent la courtoisie et la bienséance ? Les entreprises, pourtant quotidiennement exposées à ce phénomène, tardent à prendre ce problème en mains car elles le négligent souvent. Quel peut être l’impact de l’accumulation de ces délits mineurs dans leur développement économique ?


Briser le tabou de l’incivilité

Nombre d’entreprises prêtent plus d’attention au harcèlement moral mais restent aveugles devant les nombreuses plaintes d’incivilité formulées par leur personnel. Pourtant il est probable que ce fait ait plus d’ampleur et plus d’effet collectif que celui du harcèlement moral proprement dit.

Est-ce important au point d’y consacrer plusieurs articles ? Oui car l’incivilité sape de manière individuelle, et le plus souvent de façon silencieuse, le moral du personnel et contribue à dégrader l’image de l’entreprise. Ce sont des risques à ne pas négliger qui mettent en péril les valeurs éthiques du groupe, la notion  d’appartenance à l’entreprise, le sens de la responsabilité et la motivation personnelle. Ils engendrent des sentiments fortement négatifs comme l’isolement, la non-compréhension, associés à des réactions de retrait et d’exclusion comme la peur, la colère, la résignation ou la rancœur. L’augmentation de l’absentéisme n’y est pas étrangère, comme l’inefficacité à son poste où le taux d’erreurs commises est plus élevé que la moyenne. Il serait donc temps de reconnaître ces sources de troubles dans le cadre du travail et de prendre des mesures pour les corriger.

Toute hiérarchie soucieuse du développement de l’entreprise devrait adopter une stratégie corrective sous peine de voir les choses empirer et s’installer durablement une atmosphère empoisonnée où règneront toutes sortes de maux contraires à ses intérêts : l’égoïsme, l’indifférence, la perte du sens de l’effort, la démobilisation morale, la dégradation du sens du travail bien fait, etc. Chaque fois que les idéaux de l’entreprise sont battus en brèche, il importe de relever son prestige en revalorisant dans l’esprit de tous la raison qu’a le personnel et les cadres de contribuer à son succès. Si le personnel estime que le respect auquel il a droit est bafoué, peu importe par qui, la faute en incombera toujours à l’entreprise responsable de fermer les yeux sur ces abus car il attend d’elle un soutien légitime du fait de la contribution qu’il apporte en tant qu’employé.

Ignorer les marques d’incivilité est donc une erreur à plusieurs titres. D’abord parce que, comme nous venons de le voir, cela dévalorise le prestige de l’entreprise aux yeux du personnel qui investit ses efforts dans sa réussite. Ensuite parce qu’ignorer des actes et des comportements inacceptables crée le doute et l’incertitude alors que tout employé a besoin du soutien de son groupe et de sa hiérarchie pour relever les défis de la lutte économique. Enfin parce que la hiérarchie se rend complice d’une descente aux enfers qui ne peut aboutir qu’à une remise en question de son autorité ou de son charisme et à une dévalorisation de la mission première qui constitue la fondation même de l’entreprise.

La  productivité s’appuie sur la compétence et la qualité des rapports humains

Laisser se dégrader le climat de travail et omettre de s’occuper de ce qui se passe au niveau humain ont donc un coût. La série de désaccords qui en résulte contribue non seulement à renforcer le stress et les conflits internes mais elle renforce les dérives entre les ambitions affichées de l’entreprise en termes économiques et la capacité ainsi que la volonté du personnel à jouer pleinement son rôle dans la réalisation de ces objectifs.

Nul n’ignore qu’un climat de confiance, de reconnaissance et de libre communication est propice à la créativité et à l’échange d’idées même informelles. Dans ces conditions positives, les solutions aux problèmes de développement de l’entreprise sont plus faciles à imaginer et à mettre en œuvre. Dans un contexte de crise où l’on demande beaucoup au personnel et aux cadres et où la compétition fait rage, l’entreprise qui réussit est celle qui adopte une politique ferme et courageuse à ce sujet, visant à garantir des conditions de travail fondées sur les valeurs de courtoisie et de respect. Il ne fait aucun doute qu’une telle entreprise bénéficie d’une excellente notoriété interne et externe et qu’elle a moins de difficulté à recruter du personnel de valeur.

Conscient du défi que représente l’aggravation de l’incivilité dans la réussite des entreprises, j’ai développé des solutions efficaces visant à résoudre ce problème.